Rencontre avec...

Antoine Rolland, nouveau président d’Église Verte

30 novembre 2023

Coprésident du label Église Verte depuis sa création en 2017, en tant que représentant de la FPF, Robin Sautter vient de céder sa place à Antoine Rolland.

Antoine, qui es-tu ?

Je suis membre de l’Église protestante unie de Lyon-Rive Gauche, où j’ai participé, avec d’autres, à la création et à l’animation de la dynamique Église Verte au sein de la paroisse et sur la région lyonnaise. Je suis enseignant-chercheur en statistiques à l’université, et j’essaie d’être actif dans des mouvements en lien avec l’écologie ou l’économie solidaire, comme les AMAP ou les clubs d’investisseurs solidaires. Avec Marion, mon épouse et nos quatre enfants, nous habitons Lyon depuis 2010.

 

Comment t’est venue cette sensibilité écologique ?

Elle provient de trois facteurs. D’abord de ma vie d’éclaireur unioniste : le contact avec la nature, mais aussi la notion de l’engagement et du service m’ont amené à prendre conscience de l’obligation de prendre soin concrètement de l’environnement, dans ma vie quotidienne. Ensuite, de mes études scientifiques : je ne suis ni climatologue ni écobiologiste, mais la lecture des rapports du GIEC (et des COP précédentes) m’a montré l’urgence de la situation, et la nécessité de changer de modèle de civilisation. Enfin, c’est porté par ma foi que j’en suis venu à articuler engagement écologiste et engagement ecclésial. La réflexion théologique au sein du réseau Espérer pour le Vivant, mais aussi des initiatives comme le jeûne pour le climat en 2015 ou des cultes pour la Création m’ont poussé à me lancer dès le début dans la dynamique Église Verte.

Antoine Rolland, nouveau visage d'Église Verte © Antoine Rolland

 

Comment vois-tu ton engagement au sein du label Église Verte ?

Le label Église Verte est un très bel outil, et je me sens honoré d’avoir été appelé à être le représentant de la Fédération protestante de France au sein de l’équipe de co-président.es de cette association (portée par la FPF, la Conférence des évêques de France et l’assemblée des évêques orthodoxes de France). Depuis 2017, le label a connu une grande phase de croissance, avec près de 1000 communautés inscrites, une déclinaison du label en plusieurs catégories (paroisses, associations, groupes de jeunes, monastères, familles…). Presqu’un quart des paroisses de l’EPUdF est entré dans le label ! C’est déjà un succès, pour l’engagement des chrétiens dans la transition écologique et pour le travail œcuménique de terrain ! Mais il faut aller plus loin : il faut lancer de nouvelles paroisses ou communautés sur ce chemin et accompagner les plus anciennes dans le label pour que l’énergie ne retombe pas. L’équipe salariée, très investie et compétente, a besoin d’être accompagnée par de nombreux bénévoles tant au niveau local qu’au niveau national, pour que les Églises continuent à s’investir.

Je pense que nous avons une mission particulière, en tant que chrétiens, qui est de porter haut une parole d’espérance. Face à l’écoanxiété, légitime au vu de la situation, et des faibles efforts pour lutter contre le réchauffement climatique et l’érosion de la biodiversité, nous devons proclamer que l’Évangile est une puissance de vie et que, face aux bouleversements dus à la crise climatique qui nous attendent, la promesse de l’avènement du Royaume de Dieu est toujours actuelle. Il ne tient qu’à nous d’œuvrer pour qu’il advienne !

Propos recueillis par Nicole Roulland-Rupp, Réveil

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