Bible

Au berceau de la « Nouvelle Français Courant »

01 novembre 2019

Jean-Pierre Sternberger, bibliste en région Centre-Alpes-Rhône, est l’un des 57 réviseurs de la « Nouvelle Français Courant » tout juste sortie de presse.

En charge des livres de Jérémie et d’Osée, il dit avoir « aimé ce travail de longue haleine et lire tout Jérémie en hébreu ». Comme réviseur-expert, il a fait de nombreuses propositions de modifications, que ce soit dans la traduction du texte, les notes explicatives ou encore les intertitres. Dans le va-et-vient de ses échanges avec le comité de relecture, les enjeux de ce projet éditorial ambitieux ressortent sans peine.

Jean-Pierre Sternberger a passé des jours et des nuits
sur les textes en hébreu et en français ©Joël Geiser

 

Le choix des mots

Le choix des mots est un premier défi pour cette traduction qui se veut simple dans l’expression et « dynamique » dans la méthode. Le bibliste lyonnais propose, dès le premier verset du livre d’Osée, d’alléger substantiellement la longue phrase alambiquée de l’ancienne édition (allez voir !). D’autres suggestions ne seront, elles, pas retenues : son audacieux « crotte » en Osée 5.11 redeviendra « excrément » ; à la « gangrène » du verset suivant sera préféré le mot moins technique d’« infection ». Pour lui qui a déjà œuvré à la Nouvelle Bible Second (à vocation d’étude), le travail est ici bien différent, davantage tourné vers le lecteur et son univers de sens.

 

Entre hypothèses et idéologies

Dans Osée, les nombreux conflits d’interprétation viennent des enjeux théologiques autour de l’amour divin et de la fidélité. Gomer, que va épouser le prophète, est-elle une prostituée ou une prostituée sacrée ? Rien dans l’hébreu ne permet de retenir la seconde hypothèse, pourtant choisie précédemment. Le comité de la NFC refusera par contre, au grand regret de notre spécialiste, de la voir courir après « ses clients » plutôt que ses amants (Osée 2.7). Les notes aussi méritent attention et évolution. Celle sur la ville de « Mispa » (en Osée 5.1) s’appuyait sur la conviction d’un culte cananéen de la fécondité en ce lieu. Reprenant l’état de la recherche, notre bibliste met à bas cette explication et convainc ses pairs ; mais ajoute, en se tournant vers moi : « C’est toujours plus facile de voir l’idéologie chez nos prédécesseurs ! »

Joël Geiser
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