Enfants d’exilés

Migrant'scène Valence

01 janvier 2020

Mercredi 4 décembre, la Cimade avec le cinéma d’Art et d’Essai le Navire de Valence, a présenté le film documentaire Le bon grain et l’ivraie.

© François Berni

Maryse Berni, présidente du groupe local de la Cimade, accueille et rappelle le rôle de la Cimade par la présentation de quatre courts métrages sur l’immigration. La réalisatrice Manuela Frésil excusée, un proche, Daniel commente l’esprit du film et le choix de l’affiche de présentation. La réalisatrice, en filmant les enfants de dos au bord du lac face aux flots et à la montagne, a voulu montrer les sentiers qu’ils ont dû franchir pour atteindre ce lieu d’exil, Annecy. Pourquoi ce titre ? Le présentateur renvoie la nombreuse assistance vers la Bible et le texte de Mathieu 13 sur la parabole : pas de bon grain sans mauvaise herbe… Faut-il séparer les migrants utiles et renvoyer ceux qui ne le sont pas ? Telle est la question posée pour lancer ce film !

Une leçon et une force de vie

Manuela Frésil, réalisatrice et philosophe de formation, rencontre en 2015 les familles qui vivent à la rue à Annecy et filme durant une année les enfants qui vivent là leurs vies d’enfants. Elle commence dans un centre d’accueil qui domine le lac, où les enfants s’épanouissent dans un cadre agréable. Brutalement, ce centre est fermé par le préfet, les familles sont temporairement et très précairement hébergées, soit dans des centres d’urgence, soit dans la rue. Le film présente le quotidien de ces enfants, avec leurs questions sur ce qu’ils comprennent de cette situation. Mais, ils continuent de fréquenter l’école, de faire leurs devoirs et de jouer comme des enfants, semblables aux nôtres, en profitant de tous les espaces qui leur apportent un abri et un peu de chaleur. Ils parlent mieux le français que la langue de leurs parents et, à aucun moment, ils n’envisagent de retour au pays.

Troublant moment face à des enfants attendrissants qui nous donnent une leçon et une force de vie !

En savoir plus

Migrant'scène
Le festival de la Cimade

Le festival Migrant’scène s’est déroulé dans toute la France – métropolitaine et outre-mer – du 15 novembre au 8 décembre.

2019 était une année d’anniversaire pour La Cimade et pour Migrant’scène. La Cimade fête ses 80 ans, et le festival Migrant’scène ses 10 ans au niveau national. À cette occasion, l’édition 2019 du festival Migrant’scène portait sur le thème Résistance(s), évocation de la déjà longue histoire de la Cimade (voir p. 29).

Avec cette 10e édition de Migrant’scène, festival de La Cimade, l’association de solidarité active avec les personnes exilées, entendait donner la part belle aux multiples formes de résistances qui s’opposent au regain de haine et de discriminations contre les personnes étrangères. Un regain de haine concrétisé par la montée des mouvements xénophobes et d’extrême droite, et nourri par des politiques migratoires dites pragmatiques, alors qu’elles sont aussi absurdes qu’inhumaines.

Présent dans plus de 100 villes, Migrant’scène, représente trois semaines d’événements, d’échanges, de rencontres et de fêtes.
– plus de 400 partenaires
– des centaines de bénévoles
– avec le soutien de l’Agence française du développement, du ministère de la Culture, des collectivités territoriales…
– en lien avec le Festival des Solidarités et bien d’autres festivals et rassemblements locaux…

Migrant’scène est un espace où s’ouvrent et se vivent tous les champs des possibles. Le festival s’offre avec simplicité comme un lieu de rencontres et d’échanges. Bienveillance, curiosité, altérité, convivialité, créativité, croisement des regards et des imaginaires… autant d’atouts pour favoriser le dépassement de nos préjugés.

Jean-Luc Ruef
Bourg-de-Péage
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